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"Charlotte sometimes"


 

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Charlotte sometimes est un dessin qui empreinte à plusieurs thématiques : le design et son histoire, la musique et le féminisme.

Le titre d'abord : "Charlotte sometimes" est un morceaux mélancolique sorti par le groupe "The Cure" en 1981. Je le découvre quelques années plus tard à la faveur de leur compilation "Standing on a beach" (1986), que j'achète par curiosité plus que par réel intérêt. 

Dans les années 80, The Cure est l'un des deux principaux groupes phares de la new-wave avec Depeche Mode, je suis déjà fan des seconds lorsque je découvre les premiers. À l'instar de tous les grands chiasmes traversant la culture pop ( Stones Vs Beatles, Apple Vs PC, Star wars Vs Star Trek, Playstation Vs Xbox), il y a à l'époque une petite guerre froide ridiculement sérieuse entre les Curistes et les Modistes, les uns étant outrageusement mélancoliques, les autres un peu plus enjoués (mais vraiment très peu). 

Petite trahison à mes dieux basildoniens, mon amour pour "Charlotte Sometimes" ne s'est jamais démenti ni affaibli en presque 4 décennies : c'est de très loin mon morceau favori des Cure. Il fait partie de la bande son de tous mes coups de blues, aux côtés de "Cruel World" des Tears for fears, "Love will tears us apart" de Joy Division, "Hurt" de Johnny Cash et bien sûr "Somebody" de Depeche Mode.

Le design devient rapidement l'un de mes sujets de prédilection durant mon adolescence, il s'agit surtout du design automobile : Pinninfarina, Bertone, Sbarro ainsi que l'inénarrable Luigi Colani me faisaient rêver à chacune de leurs nouvelles créations. J'ai passé des heures à dessiner des véhicules inspirés de leurs visions géniales. 

Ce n'est que plus tard, au début des années 90 que je découvre aux Beaux-arts d'autres designers : Loewy, Stark, Les Eames, Jacobsen, Van Der Roe, Tallon et parmi tant d'autres un certain Le Corbusier. 

Un designer, Le Corbusier, pas un architecte ? 

Un ami dont le père était très aisé m'avait fait essayer chez lui de somptueux fauteuils, et m'avait dit : "Tu te rends compte, ce sont des Le Corbusier ! ". 

Lorsque plus tard l'on aborde Le Corbusier en histoire de l'art, la professeure fait à peine mention d'une obscure collaboratrice du maitre, une certaine Charlotte Perriand. Sur le coup je suis plus occupé à polémiquer sur la catastrophique conception de l'architecture inventée par Le Corbusier, grand théoricien des cages à lapins, avec une enseignante outrée par ce blasphème, qu'à attribuer à Charlotte la juste part de génie qui est la sienne. 

Cela viendra plus tard.

Comme beaucoup de collaboratrices de "grands hommes", CP a failli disparaitre dans les oubliettes de l'histoire de l'architecture et du design. Les meubles qu'elle a créé sont d'ailleurs encore à ce jour estampillés "LC" et non "CP", une brève recherche chez les marchands de meubles le confirme aisément. 

On ne cite Charlotte que parfois... 

(même si l'histoire se réécrit dans le bon sens dernièrement)

Mais ce n'est qu'un dessin.

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