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Affichage des articles associés au libellé Analyse

Et voilà la couleur...

  Le noir et blanc a toujours été ma technique de dessin favorite. Cela reste le fondement de ma pratique , cependant, comme il m'arrive parfois de m'aventurer dans l'abstraction, il m'arrive aussi d'employer la couleur dans certains travaux. Utiliser la couleur, les couleurs, c'est d'abord en avoir besoin, arriver à un stade d'un dessin où le noir ne suffit plus.  Dans ma dernière série , j'ai introduit une gamme chromatique limitée, principalement constituée de couleurs primaire auxquelles s'ajoutent un beige figurant une dorure, et un bleu foncé remplaçant le noir. La pratique du plasticien implique une conscientisation maximale, sinon optimale, des ressources mobilisées pour produire un objet plastique. C'est aussi créer un cadre d'exercice clairement défini et s'en servir comme aire de production de façon à éviter la dispersion et favoriser la cohérence et la lisibilité, mais c'est aussi chercher à transcender ce cadre pour...

Signifiant et signifié.

  Un dessin n'est jamais simple. Une dessin n'est jamais aussi évident qu'on serait en droit de le penser en première analyse. Ce matin, je suis retourné aux sources de ma pratique, à mon enfance et à mon adolescence. Ce dessin parle d'un chemin, d'une passion et d'interdits. J'apprends à dessiner en autodidacte à une époque où il n'existe pas de tutos pour simplifier l'accès à l'information et à l'apprentissage, ni de logiciels ou de tablettes pour faire semblant de dessiner. C'est la presse qui commence mon éducation au dessin : tout d'abord « Mickey magazine », « Pif Gadget » et les rares parutions sur Goldorak. Puis il y a « Pilote », « L'écho des savanes », et ma bible mensuelle : « Métal Hurlant ». Mais il y a d'autres sources : les magazines automobiles. À l'école, puis au collège et enfin au lycée , j'en ai tellement marre que les autres élèves me demandent (puisque j'étais « celui qui sait dessiner ») in...

"Femme qui rit..."

Squares 1 /  Page 33 -  Je n'ai jamais douté qu'une pointe d'humour puisse détendre l'atmosphère et permettre de briser la glace entre deux personnes, mais de là à en projeter une au seuil des relations charnelles par la simple puissance d'un trait d'esprit: diantre, cela me semble primesautier, voire assez expéditif. "Femme qui rit, à moitié dans ton lit" est un dicton étrange. Si l'on entre cette citation (attribuée par certains à Napoléon) dans un moteur de recherche, les résultats affichent tous une certaine homogénéité quant à la vérité scientifique qu'affirmerait cette fulgurance de la sagesse populaire. Il semblerait que les femmes soient "génétiquement programmées pour succomber à un partenaire drôle". J'ai fait mes recherches (lol).  Quid du libre arbitre ? Si les femmes étaient aussi automatiquement faciles à séduire, il n'y aurait plus un mâle célibataire sur cette petite planète, et il n'y aurait plus un seu...
Squares 3 / page 61 -  De mon enfance en Bretagne, parmi d'autres, il me reste le souvenir d'une visite de la base de sous-marins de Lorient : Keroman (je viens de découvrir son nom en faisant quelques recherches). Ce gigantesque bunker construit par l'envahisseur nazi pendant la deuxième guerre mondiale (en 1941) a connu une seconde vie en conservant ses fonctions au profit de la marine nationale jusqu'en 1997.  Du milieu des années 1970 au début des années 80, Lorient est une ville que nous visitons souvent, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi, je suis très jeune, surement parce qu'elle est mieux achalandée que Pontivy où nous résidons et qu'elle se trouve en bord de mer, grande passion de mes parents.  Il ne me reste pourtant deux ou trois souvenirs de cette ville : à l'occasion de l'une de ces ballades, nous avons participé à la visite d'un sous-marin amarré dans cette imposante base : odeurs d'iode, de carburant, de béton. Je n'a...

"Depression time again"

 Squares 3 - page 81 -  "Construction time again" (1983)   est le troisième album du groupe Depeche Mode. J'ai déjà évoqué l'importance de ce groupe dans la construction de ma culture musicale au débit des années 80, et plusieurs dessins de mes précédents livres lui font référence (comme "Blasphemous rumours" S1-47 ). Les confinements ont été l'occasion de réécouter certains de ces grands morceaux qui ont forgé mes goûts et m'ont accompagnés, toute ma vie pour certains. Dans le cas de DM, c'est assez particulier : j'ai tellement écouté leurs différents albums, que je n'ai plus physiquement besoin de les entendre. À vrai dire, je n'écoute plus que des morceaux récents d'artistes que je découvre au hasard de mes divagations sur internet. Les disquaires ont presque tous disparu , c'était eux les passeurs de savoir musical lorsque j'étais étudiant, longtemps avant YouTube ou Deezer. Ces passionnés connaissaient par cœur les...

"Autoportrait universel."

Squares 2 / Page 69 -  Peu importe le sujet , le medium, le lieu ou l'époque, une création n'a jamais pour autre sujet que son auteur et s'il existe un genre qui aborde ce sujet de la manière la plus "frontale" qui soit, c'est l'autoportrait. En prépa beaux-arts à Tarbes , en 1991, la professeure de graphisme nous donne toutes les semaines un travail à réaliser à la maison. Le mercredi matin, les élèves apportent cette production à l'école, et elle y est soumise à une notation collégiale.  Le thème de cette semaine est l'autoportrait.  Le début des années 1990 est pour moi une période troublée. Ce sujet ne peut plus mal tomber : à l'époque je survis en pleine lutte existentielle, principalement contre moi-même. L'année scolaire 91-92 commencera et finira par deux grands épisodes dépressifs, les pires que j'aie dû endurer à ce jour. Bref, ce n'est pas le bon moment. La veille de la deadline de mon devoir, donc le mardi soir, je sui...

"L'origine des religions"

Squares 1 / Page 75 -  "L'origine du monde"(1866) de Gustave Courbet (1819-1877) est l'un des tableaux les plus importants de l'histoire de l'art occidental. D'abord par sa franchise, son honnêteté : ici pas de prétexte, pas d'excuse, pas de mythologie ni de religion. Ici l'un des principaux, sinon le seul sujet de toute pratique artistique, le sexe , est abordé de la façon la plus frontale, la plus simple et la plus naturelle possible. Une rupture totale avec des siècles d'hypocrisie. A-t'on étudié toutes les formes de stratégies utilisées par les artistes pour créer, et par leurs clients pour détenir, des œuvres représentant le sexe humain : se camoufler en  épisodes des mythologies grecques ou chrétienne, en métaphores, en représentation d'évènements historiques, etc ? Malheureusement à des époques et dans des sociétés où la sexualité était invisibilisée et réprimée, la libido, irrépressible expression du vivant, a dû trouver des c...

"Meanwhile in Collioure..."

Squares 3 / Page 57 -   Collioure est un bel endroit, c'est indéniable. C'est aussi un aimant à touristes, ce qui est un excellent point pour l'économie locale, c'est aussi la raison pour laquelle je préfère ce village l'hiver. Le lieu, sa lumière, sa scénographie devait obligatoirement accrocher l'œil des artistes de passages, puis des résidents, ce qui fut fait il a y a déjà belle lurette. Dessiner ou peindre Collioure est une forme d'incontournable pour quiconque s'essaye au dessin ou à la peinture figurative à ce bout-ci de l'arc méditerranéen français. C'est même devenu une petite industrie locale, avec quelques stakhanovistes du clocher qui produisent plusieurs images par jour aussitôt écoulées auprès des nombreux estivants qui arpentent les charmantes ruelles pavées du vieux village. Alors, pourquoi faire une image supplémentaire , voire superfétatoire, de Collioure ? D'abord parce que j'en ai envie, ce qui en soit est une bonne ...

"Grandir"

Squares 2 / page 17 -  Vieillir me préoccupe , non pas sur un plan esthétique ou médical (bien que le médical se rappelle régulièrement à mon bon souvenir), mais sur un plan chronologique.  Vieillir ou grandir, c'est parfois changer de centres d'intérêt, ou les apprécier différemment . C'est aussi voir la relation du monde à ces items varier. "Goldorak" (UFO Robot Grendizer - Japon 1978) est le premier manga à avoir pénétré les media français, en 1978. Avant son arrivée le dessin-animé en France était une chasse gardée américaine avec les production Disney et Warner. L'arrivée de ce robot géant sur Antenne2 (devenue France 2 en 1992), le mercredi après-midi, a changé pour toujours le regard des générations suivante sur l'animation, le japon et la science-fiction. "La planète des singes"  ( Planet of the apes - USA  1968) est l'un de mes premiers souvenirs cinématographiques, durant les années 70/80 il passe chaque année à la télévision. La s...

"Portrait de famille"

Squares 3 / Page 73 -   Vieillir est le lot commun de tous les êtres humains qui ont un jour foulé le sol de cette planète, et le restera encore probablement un certain temps. Je ne fais pas exception à cette règle. La notion même de famille , telle qu'elle m'a été transmise par mes parents, était très restreinte, puisqu'à leur yeux elle s'est progressivement limitée à eux deux, adjoints de ma petite personne. Leurs existences ont été telles qu'ils ont dû s'extraire de leurs milieux familiaux respectifs pour pouvoir mener la vie qu'ils souhaitaient.  Durant certaines périodes (plusieurs décennies) j'ai compris que malgré ma présence, leur cellule familiale se limitait strictement à leur couple, et que je n'étais qu'un empêcheur de tourner en rond, une contingence, une contrainte. Je ne dis pas cela pour provoquer pitié ou compassion, je ne fais que dresser le constat de ce que j'ai vécu. Sur le tard je fus réintégré à leur monde , mais sur ...

"Fiat lux"

Squares 3 / Page 27 -  J'ai une conception parfois très personnelle de l'humour, en l'occurrence ce dessin est juste l'illustration d'un crash sémantique entre la bible et une marque de voiture italienne très connue.  À chaque fois que j'ai entendu ou vu passer ce fameux "Fiat lux" (et la lumière fut), le fameux passage de la génèse où un dieu soliloque dans le vide absolu, je m'imaginais à quoi ressemblerait une Fiat de luxe, cette marque étant plutôt connue pour ses produits de bas et milieu de gamme.  Voilà donc la "pot de yaourt", surnom affectueux que l'on donnait à la Fiat 500 originale (1957-1975), en mode limousine, interprétation assez bizarre, voire tordue, du luxe à l'italienne que l'on imaginerait plutôt sous les traits d'une Ferrari ou de tout autre bolide transalpin à la puissance dantesque et aux courbes Monicabelucciesques.  Que voici donc une diabolique vision de perversion automobile ! Mais ce n'e...

"My funny quarantine."

Squares 2 / Page 11 -  Les confinements des années 2020 et 2021 resteront dans les mémoires de ceux qui les ont vécus comme des évènements essentiellement différents selon la sensibilité et la situation de chacun. Certains les auront vécu comme des épreuves, d'autres comme des bénédictions. J'appartiens à la seconde catégorie. Je peux me passer relativement facilement  de certains conforts de la vie moderne : mon enfance en Algérie avec son quotidien émaillé de coupures d'eau, de coupures d'électricité et de pénuries diverses et variées m'a appris à porter assez peu d'intérêt aux contingences matérielles. Quarante années plus tard, je suis encore parfois étonné que l'eau coule lorsque je tourne un robinet, qu'une ampoule s'allume lorsque que j'actionne un interrupteur, c'est dire comme ce conditionnement a été efficace.  De même étant essentiellement une créature d'intérieur , la déprivation partielle de liberté m'a assez peu affecté...

"Call me maybe..."

Squares 3 / Page 53 -  En observant "Les ménines"(1656) de Diégo Velasquez (1599-1660), j'ai du mal à imaginer comment on pourrait, aujourd'hui, maintenir l'attention et la concentration d'un groupe d'adolescents de haute extraction le temps ne serait-ce que d'en faire une photographie correcte, sans parler des longues heures de pose nécessaires à l'élaboration d'une toile aussi gigantesque (320 centimètres par 276).  J'imagine les bruits combinés d'une dizaine de smartphones, musiques, vidéos, les regards croisés d'écrans à écrans, les sonneries et les notifications, les selfies #jeposepourvelasquez, #cestencorelong... Carlie Rae Jepsen et son titre "Call me maybe" (2011) aurait été une bande son appropriée à une video TikTok relatant l'évènement.  "O tempora o mores", auraient dit les antiques. Mais ce n'est qu'un dessin...

"Whishing on a star"

Squares 3 / Page 29 - "Whishing on a star" (faire un vœu sur une étoile) est un dessin cynique, et assumé comme tel. La tradition, ou la superstition, comme on le voudra, veut que l'on fasse un vœu lorsque l'on voit passer un étoile filante dans le ciel. Cela peut s'expliquer : je suppose qu'être le témoin d'un évènement exceptionnel est le moment idéal pour demander une faveur exceptionnelle. Le spectacle grandiose des corps célestes , ceux qui restent en haut, et ceux qui nous tombent dessus, est un sujet de fascination qui a traversé l'histoire de l'humanité, au point de la pousser à tenter de quitter cette terre. Ce faisant , notre civilisation "spatiale" a peuplé la banlieue de la terre d'une nuée de satellites et d'objets aux fonctions diverses et variées mais tous dotés d'une durée de vie limitée. Donc quand nous voyons une trainée incandescente zébrer la nuit, nous ne savons pas, la plupart du temps, si ce sont les res...

"Cute bedtime story"

  Square 1 / page 15 -  "Cute bedtime story"* pourrait se traduire par "une histoire  mignonne   pour faire s'endormir les enfants". La bible regorge d'histoires macabres et immorales , mais le déluge est l'un des mythes les plus horribles et absurdes de cette compilation archaïque. L'histoire est connue : un dieu capricieux s'aperçoit qu'il a commis une erreur en créant des hommes libres et décide de les génocider parce qu'ils n'ont pas le comportement qu'il aurait souhaité qu'ils adoptent, ils sont parmi d'autres reproches "violents". On peut d'emblée constater, vu la violence du monde depuis cette manœuvre mythique, que c'est un échec.  Les modalités de ce crime sont ridicules : fabrication d'une embarcation gigantesque, accumulation d'un couple d'animaux de chaque espèce voire 7 selon qu'ils sont "purs" ou "impurs" (sans tenir compte de leur alimentation de leurs c...

"De l'inconvénient d'être né."

  Squares 2 / page 25 - Emil Cioran  (1911-1995)   est à la philosophie ce que Pierre Desproges est à l'humour : un grand et élégant misanthrope, sombre, profond et -parfois- subtil. J'ai commencé à le lire sans le savoir philosophe, mais qu'aurait-il pu être d'autre ? J'ai commencé à lire Cioran presque par hasard : au début des années 1990, je faisais la porte dans un restaurant perpignanais situé dans un des voisinages les plus pauvre de la ville. Mon boulot consistait à garder un œil sur les voitures des clients, à empêcher des importuns de rentrer et exceptionnellement à virer les clients éméchés. Le quartier étant assez calme, j'ai passé plusieurs étés à lire, assis à côté de la porte du restaurant. Philippe, le patron du lieu, est un barbu rouquin anarchiste soixante-huitard pur jus, ce qui ne l'empêche pas de faire tourner un endroit assez couru à cette époque par les notables locaux. Le restaurant est une ancienne écurie deven...

"Traité d'athéologie."

  Squares 1 / Page 61 -  Je n'ai pas gardé beaucoup de souvenirs  des cours de philosophie dispensés en Terminale (1988-1989), à part une vieille édition jaunie de  La métaphysique des mœurs  de Kant et quelques vagues fantasmes impliquant une jeune professeure beaucoup trop jolie pour que mes hormones de jeune mâle ne prennent le pouvoir au détriment de mes neurones pré-estudiantins. Ce qui est dommage , car la philosophie a toujours constitué une lacune dans ce vaste amalgame de savoirs, pour la plupart inutiles, qui me fait office de cerveau. Tellement vaste que j'ai coutume de dire que je n'ai jamais perdu au Trivial Poursuite : ce n'est que forfanterie puisqu'il m'est arrivé de perdre, principalement à cause de questions portant sur le sport et le cinéma français. Ces deux premières heures de cours de la semaine , qui auraient dû dès le lundi matin combler en moi une soif de sagesse que je n'éprouvais pas encore à l'époque, n'ont donc pas posé l...

"La nuit je mens..."

Squares 1 / Page 43 -  J'ai mis beaucoup de temps à redécouvrir et à aimer l'œuvre d'Alain Bashung (1947-2009). J'ai entendu "Gaby oh Gaby" et "Vertige de l'amour" au tout début des années 1980 : le côté parfois explicitement sexuel de ses paroles marque forcément le préadolescent que je suis alors, même n'aillant pas encore "déchiré d'oreillers".  Mais mon cœur est déjà pris par Depeche Mode :  les seuls titres de Bashung que je possède sont ceux dont sont parsemées les compilations que j'achète à l'époque.  Parce que l'on déménage sans cesse durant mon enfance et mon adolescence, je n'ai pas de tourne-disque (trop fragile), je n'utilise que des cassettes et je ne peux donc pas écouter de singles chez moi : la seule façon d'acquérir des morceaux de cette pop anglaise que j'adore, est de les guetter sur les compilations qui font florès dans les années 80. Je n'ai jamais trop eu d'appétence ...

"Fat earth theory."

  Squares 1 / Page 85 -  Caspar David Friedrich (1774-1840) est l'un de mes peintres favoris. Ses mises en scènes du sublime de la nature, de l'homme face au monde, sont parfois impossibles à dater tant le traitement du sujet est dépourvu des maniérismes de son époque. Il a su capter l'intemporel du monde dans son essence.  "Le voyageur contemplant une mer de nuages" (1818) est l'une de ses œuvres les plus connues. C'est aussi l'un des mes tableaux préférés de l'époque dite du "romantisme allemand" avec "L'île des morts" (circa 1880) d'Arnold Böcklin (1827-1901).  La théâtralisation du paysage , sa dramatisation, semble me proposer une scène où j'aime à me projeter, hors du temps, hors de l'espace conventionnel : un lieu mental : un glacier, une cathédrale en ruine, une île, une mer de nuages. Maintenant, si l'on projette sur ce lieu idéalisé une bonne dose de réel, que l'on sort du paradigme idéal de mo...

Projet OBLIVION

Projet OBLIVION - état des lieux Juin 2022 - Mon travail se subdivise en plusieurs pratiques, répondant à plusieurs fils que je déroule parfois indépendamment les uns des autres, parfois parallèlement, parfois en synthèse. Si, comme je l'ai entendu, "l'intelligence est la capacité à lutter contre la dispersion", je pense cultiver une forme de bêtise assez raffinée et fort envahissante.  Je dessine : la colonne vertébrale de ma pratique : écrire sans mots.  Je peints : quand le dessin me semble littéralement trop plat ou trop petit. Je sculpte :  je fais passer mon idée du plan au volume. Je photographie, non seulement ce que je fais, mais aussi le monde.   Tout cela en même temps . Tout cela, en général en utilisant le même répertoire plastique : le moins de couleurs possible et la plus grande sobriété formelle. Certaines pratiques se complètent : je dessine ce que je vais sculpter, puis je le sculpte, puis je le photographie....