Accéder au contenu principal

"Portrait de famille"


Squares 3 / Page 73 - 

Vieillir est le lot commun de tous les êtres humains qui ont un jour foulé le sol de cette planète, et le restera encore probablement un certain temps. Je ne fais pas exception à cette règle.

La notion même de famille, telle qu'elle m'a été transmise par mes parents, était très restreinte, puisqu'à leur yeux elle s'est progressivement limitée à eux deux, adjoints de ma petite personne. Leurs existences ont été telles qu'ils ont dû s'extraire de leurs milieux familiaux respectifs pour pouvoir mener la vie qu'ils souhaitaient. 

Durant certaines périodes (plusieurs décennies) j'ai compris que malgré ma présence, leur cellule familiale se limitait strictement à leur couple, et que je n'étais qu'un empêcheur de tourner en rond, une contingence, une contrainte. Je ne dis pas cela pour provoquer pitié ou compassion, je ne fais que dresser le constat de ce que j'ai vécu.

Sur le tard je fus réintégré à leur monde, mais sur un mode plus amical que filial. Cette période, sept années, a été la plus heureuse de notre expérience commune. Elle se conclura par leurs décès, à une semaine d'intervalle, au printemps 2019.

Vieillir, c'est voir mourir les autres. C'est aussi prendre conscience de sa propre mortalité, par ce biais et par d'autres. C'est ainsi que je pourrais résumer ce dessin. 

Mais ce n'est qu'un dessin...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

"Autoportrait universel."

Squares 2 / Page 69 -  Peu importe le sujet , le medium, le lieu ou l'époque, une création n'a jamais pour autre sujet que son auteur et s'il existe un genre qui aborde ce sujet de la manière la plus "frontale" qui soit, c'est l'autoportrait. En prépa beaux-arts à Tarbes , en 1991, la professeure de graphisme nous donne toutes les semaines un travail à réaliser à la maison. Le mercredi matin, les élèves apportent cette production à l'école, et elle y est soumise à une notation collégiale.  Le thème de cette semaine est l'autoportrait.  Le début des années 1990 est pour moi une période troublée. Ce sujet ne peut plus mal tomber : à l'époque je survis en pleine lutte existentielle, principalement contre moi-même. L'année scolaire 91-92 commencera et finira par deux grands épisodes dépressifs, les pires que j'aie dû endurer à ce jour. Bref, ce n'est pas le bon moment. La veille de la deadline de mon devoir, donc le mardi soir, je sui...

"Charlotte sometimes"

  Squares 2 /  Page 39 -  Charlotte sometimes est un dessin qui empreinte à plusieurs thématiques : le design et son histoire, la musique et le féminisme. Le titre d'abord : "Charlotte sometimes" est un morceaux mélancolique sorti par le groupe "The Cure" en 1981. Je le découvre quelques années plus tard à la faveur de leur compilation "Standing on a beach" (1986), que j'achète par curiosité plus que par réel intérêt.  Dans les années 80 , The Cure est l'un des deux principaux groupes phares de la new-wave avec Depeche Mode , je suis déjà fan des seconds lorsque je découvre les premiers. À l'instar de tous les grands chiasmes traversant la culture pop ( Stones Vs Beatles, Apple Vs PC, Star wars Vs Star Trek, Playstation Vs Xbox), il y a à l'époque une petite guerre froide ridiculement sérieuse entre les Curistes et les Modistes, les uns étant outrageusement mélancoliques, les autres un peu plus enjoués (mais vraiment très peu).  Petite...
Squares 3 / page 61 -  De mon enfance en Bretagne, parmi d'autres, il me reste le souvenir d'une visite de la base de sous-marins de Lorient : Keroman (je viens de découvrir son nom en faisant quelques recherches). Ce gigantesque bunker construit par l'envahisseur nazi pendant la deuxième guerre mondiale (en 1941) a connu une seconde vie en conservant ses fonctions au profit de la marine nationale jusqu'en 1997.  Du milieu des années 1970 au début des années 80, Lorient est une ville que nous visitons souvent, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi, je suis très jeune, surement parce qu'elle est mieux achalandée que Pontivy où nous résidons et qu'elle se trouve en bord de mer, grande passion de mes parents.  Il ne me reste pourtant deux ou trois souvenirs de cette ville : à l'occasion de l'une de ces ballades, nous avons participé à la visite d'un sous-marin amarré dans cette imposante base : odeurs d'iode, de carburant, de béton. Je n'a...