Accéder au contenu principal

Et voilà la couleur...

 


Le noir et blanc a toujours été ma technique de dessin favorite.

Cela reste le fondement de ma pratique, cependant, comme il m'arrive parfois de m'aventurer dans l'abstraction, il m'arrive aussi d'employer la couleur dans certains travaux.

Utiliser la couleur, les couleurs, c'est d'abord en avoir besoin, arriver à un stade d'un dessin où le noir ne suffit plus. 

Dans ma dernière série, j'ai introduit une gamme chromatique limitée, principalement constituée de couleurs primaire auxquelles s'ajoutent un beige figurant une dorure, et un bleu foncé remplaçant le noir.

La pratique du plasticien implique une conscientisation maximale, sinon optimale, des ressources mobilisées pour produire un objet plastique. C'est aussi créer un cadre d'exercice clairement défini et s'en servir comme aire de production de façon à éviter la dispersion et favoriser la cohérence et la lisibilité, mais c'est aussi chercher à transcender ce cadre pour pousser sa pratique toujours un peu pus loin.

Voilà quelques semaines j'ai dessiné cette Santa Muerte, à ma façon, car c'est une figure de la culture sud-américaine que j'affectionne particulièrement; d'abord en noir et blanc puis, sous le coup d'une pulsion chromatique soudaine, en couleur. 


Cette colorisation m'a permis d'accentuer le caractère parodique de l'imagerie religieuse, datant d'une époque où le prix même de la couleur, en tant que matériau physique, réservait son usage aux religieux et aux nobles. Les cinq couleurs que j'utilise ici, blanc, bleu foncé, bleu clair, rouge et doré, donnent, à mon avis, un relief au visuel au-delà de ce que permet le simple noir.

L'important lorsque l'on s'impose une règle, c'est d'être en capacité de la briser si c'est utile à l'avancement d'une pratique.

En art aussi, nécessité fait loi.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

"Autoportrait universel."

Squares 2 / Page 69 -  Peu importe le sujet , le medium, le lieu ou l'époque, une création n'a jamais pour autre sujet que son auteur et s'il existe un genre qui aborde ce sujet de la manière la plus "frontale" qui soit, c'est l'autoportrait. En prépa beaux-arts à Tarbes , en 1991, la professeure de graphisme nous donne toutes les semaines un travail à réaliser à la maison. Le mercredi matin, les élèves apportent cette production à l'école, et elle y est soumise à une notation collégiale.  Le thème de cette semaine est l'autoportrait.  Le début des années 1990 est pour moi une période troublée. Ce sujet ne peut plus mal tomber : à l'époque je survis en pleine lutte existentielle, principalement contre moi-même. L'année scolaire 91-92 commencera et finira par deux grands épisodes dépressifs, les pires que j'aie dû endurer à ce jour. Bref, ce n'est pas le bon moment. La veille de la deadline de mon devoir, donc le mardi soir, je sui...

"Charlotte sometimes"

  Squares 2 /  Page 39 -  Charlotte sometimes est un dessin qui empreinte à plusieurs thématiques : le design et son histoire, la musique et le féminisme. Le titre d'abord : "Charlotte sometimes" est un morceaux mélancolique sorti par le groupe "The Cure" en 1981. Je le découvre quelques années plus tard à la faveur de leur compilation "Standing on a beach" (1986), que j'achète par curiosité plus que par réel intérêt.  Dans les années 80 , The Cure est l'un des deux principaux groupes phares de la new-wave avec Depeche Mode , je suis déjà fan des seconds lorsque je découvre les premiers. À l'instar de tous les grands chiasmes traversant la culture pop ( Stones Vs Beatles, Apple Vs PC, Star wars Vs Star Trek, Playstation Vs Xbox), il y a à l'époque une petite guerre froide ridiculement sérieuse entre les Curistes et les Modistes, les uns étant outrageusement mélancoliques, les autres un peu plus enjoués (mais vraiment très peu).  Petite...
Squares 3 / page 61 -  De mon enfance en Bretagne, parmi d'autres, il me reste le souvenir d'une visite de la base de sous-marins de Lorient : Keroman (je viens de découvrir son nom en faisant quelques recherches). Ce gigantesque bunker construit par l'envahisseur nazi pendant la deuxième guerre mondiale (en 1941) a connu une seconde vie en conservant ses fonctions au profit de la marine nationale jusqu'en 1997.  Du milieu des années 1970 au début des années 80, Lorient est une ville que nous visitons souvent, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi, je suis très jeune, surement parce qu'elle est mieux achalandée que Pontivy où nous résidons et qu'elle se trouve en bord de mer, grande passion de mes parents.  Il ne me reste pourtant deux ou trois souvenirs de cette ville : à l'occasion de l'une de ces ballades, nous avons participé à la visite d'un sous-marin amarré dans cette imposante base : odeurs d'iode, de carburant, de béton. Je n'a...